Autres oeuvres d'Hergé

Souvent oubliés, les personnages créés par Hergé tout au long de sa vie furent très nombreux et ne se résument pas qu' aux Aventures de Tintin. Voici donc une brève rétrospective des différentes oeuvres d'Hergé.

Totor, chef-de-patrouille des Hannetons

 

En Juillet 1926, Hergé crée sa première véritable série et deux planches des "Extraordinaires Aventures de Totor, Chef de Patrouille des Hannetons" paraissent. Les aventures de cet extravagant personnage, qui préfigure Tintin par plusieurs traits, continueront de paraître dans la revue Le Boy-Scout Belge jusqu'en juillet 1930. Ces planches, créés par le jeune Hergé au temps où il était scout lui-même, n'avaient jamais été réunies en album. Elles sont maintenant disponibles dans le 1er tome des Archives Hergé.


Les Aventures de Popol et Virginie

 

Album tout à fait à part de l'oeuvre d'Hergé, du reste plus curieux que réussi, Popol et Virginie au Pays des Lapinos est un aboutissement d'une longue chaîne de transformations et l'illustration la plus extrême de cette attitude qui conduisait Hergé à sans cesse remanier ses histoires.

 

C'est du 8 février au 16 août 1934, que Les Aventures de Popol et Virginie au Far West furent publiés dans Le Petit Vingtième, avant d'enfin reparaître en 1948 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Tintin sous le titre que nous connaissons aujourd'hui. A la lecture de l'album il est à vrai dire un peu difficile de comprendre pourquoi Hergé s'accrocha à cette histoire au point d'y revenir aussi souvent.


Les Exploits de Quick et Flupke

 

Dans cette collection on y découvre des aspects du talent d'Hergé parfois inattendus, l'auteur se révélant tour à tour plus libre et plus contraint que dans la série Tintin. Contrairement aux Aventures de Tintin, ce n'est pas de fresques ambitieuses dont il est question ici, ni de multiples rebondissements, ni de suspense savamment maintenu jusqu'au dénouement, mais de simples gags qui se développent sur deux planches. Pas le moindre exotisme, non plus, dans cette série, nulle exploration de contrées mystérieuses, aucune incursion dans des territoires inconnus, mais l'évocation d'un univers presque quotidien. Chacune des petites histoires se déroulent dans Bruxelles qui doit beaucoup au quartier des Marolles, et presque toujours dans la rue.

 

Mais c'est surtout une différence fondamentale de structure qui permet de distinguer les deux séries. Dans Tintin (et plus encore dans Jo, Zette et Jocko), le désordre est toujours le fait de la situation extérieure, les héros ne visant pour leur part qu'à remettre les choses en place. Dans Les exploits de Quick et Flupke, à l'inverse, le trouble est à chaque fois causé par les personnages qui semblent avoir pour unique but d'introduire le plus de perturbations possible dans un univers au départ stable. C'est déjà, en 1930, dans le nº 4 du Petit Vingtième, du 23 janvier, qu'apparaissent ces deux gamins de Bruxelles. 310 épisodes parurent de 1930 à 1940.


Les Aventures de Jo, Zette et Jocko

 

Contrairement aux autres séries dessinées par Hergé, Les Aventures de Jo, Zette et Jocko ne sont pas nées d'une initiative personnelle de l'auteur mais bien d'une sorte de commande passée par les responsables de l'hebdomadaire français Coeurs vaillants.

 

Malgré toute sa bonne volonté, Hergé ne se sentit jamais très à l'aise dans cette série, étant donné la multiplicité de contraintes qui lui étaient imposées et l'artificialité de la construction d'ensemble. Alors que la famille de papier des Aventures de Tintin se constituait au fil des ans, et comme sans y penser, il fallait ici donner naissance d'un seul coup à tout un univers.

Hergé abandonna pourtant cette série moins rapidement que Popol et Virginie, puisqu'il en réalisa cinq épisodes. Malgré le problème de structure fort bien décrit par Hergé, ces différents volumes sont loin d'être sans intérêt et méritent largement d'être relus.


(1951)

(1951)

(1952)

(1952)

(1957)